La rédaction
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Quelque 6 milliards d’émojis sont échangés quotidiennement. Plus de 90% de la communauté en ligne du monde les utilise régulièrement. Les émojis sont même officiellement classés comme art. En 2016, le Museum of Modern Art de New York (MoMA) a ajouté les 176 émojis originaux à sa collection permanente. C’est l’ingénieur en logiciel japonais Shigetaka Kurita, de Tokyo, qui les a créés en 1999. Il en existerait aujourd’hui plus de 3000. Conçus au départ sur une simple grille de 12 × 12 pixels, les émojis (e signifiant «image» et moji «caractère») avaient comme objectif d’améliorer l’interface des téléphones mobiles et des pagettes.
Si l’émoji n’est pas une langue, à quoi ça sert? Certains voient dans les émojis un peu plus qu’un grognement d’adolescent, nous ramenant à l’âge sombre de l’analphabétisme. Ce préjugé méconnaît fondamentalement la nature de la communication. Il sous-estime radicalement le rôle potentiellement puissant et bénéfique des émojis, à l’ère de la communication numérique.
Une grande partie de nos communications dans nos rencontres sociales quotidiennes provient d’indices non verbaux. Le geste, l’expression faciale, le langage corporel et l’intonation de la parole permettent de qualifier et d’ajuster le message véhiculé par nos mots. Un clin d’œil ou un sourire constitue un repère crucial, facilitant notre compréhension.
Enfin n’oublions pas que la communication numérique nous fournit un important canal de communication dans nos vies sociales et professionnelles de plus en plus connectées.
Définitions
Émoticône Dessin réalisé en combinant plusieurs caractères typographiques, le plus souvent
utilisé afin d’illustrer un propos ou de traduire l’état d’esprit du destinataire 🙂Émoji Petit pictogramme utilisé dans les communications électroniques et les pages Web, qui permet d’exprimer une émotion ou d’illustrer un propos.
Grand dictionnaire terminologique de l’OLF
Un commentaire
Avec la venue des messages instantanés, la forme écrite rejoint de plus en plus la forme orale.
Ce phénomène ramène l’écriture à un niveau plus accessible pour la majorité qui a du mal à maîtriser des formes écrites trop éloignée de leur quotidien. On n’a, d’ailleurs, jamais autant écrit qu’à l’ère du numérique. Je suis curieuse de voir à long terme comment les grandes institutions comme l’Académie Française vont réussir à gérer leurs néologismes qu’elles réussissent difficilement à faire passer dans le langage courant.