La rédaction
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Dans la foulée de la Semaine des technologues qui se tenait la semaine dernière – et qui coïncide avec l’anniversaire de la découverte des rayons X, le 8 novembre 1895 et l’anniversaire de Marie Curie, le 7 novembre 1867 -, nous avons voulu démystifier cette profession. Pour ce faire, Le rendez-vous du CCSMTL a posé quelques questions à Francesca Audate, technologue en imagerie médicale PACS/RIS et coordonnatrice technique – Encadrement clinique à l’Hôpital Notre-Dame et à l’Hôpital de Verdun.
RDV : Technicien en radiologie et technologue en radiologie… Est-ce la même chose?
FA : Non. On dit technologue en imagerie médicale. On confond souvent les titres de technicien et de technologue. Le terme technologue est utilisé pour désigner un employé qui a une connaissance très pointue dans une technologie particulière ou dont l’emploi technique est en réalité axé sur la connaissance de cette technologie. Le terme technicien pour sa part désigne un employé dont les tâches résident principalement sur l’exécution d’un protocole technique.
RDV : Quelle est, en substance, la nature de votre travail et quelle est la limite de vos fonctions par rapport au radiologiste?
FA : Nous travaillons étroitement avec les radiologistes. Bien que dans sa formation académique le technologue peut être en mesure de déceler certaines pathologies, nous ne pouvons, dans aucun cas, donner un diagnostic; seul le radiologiste peut le faire. Lorsque nous effectuons un examen, nous devons faire en sorte que le radiologiste puisse avoir toute l’information nécessaire afin d’établir un diagnostic. Pour ce faire, nous devons comprendre les renseignements cliniques, car ceux-ci sont en lien direct dans le choix du protocole à appliquer ou des clichés à exécuter. D’abord, lorsque nous accueillons l’usager, nous lui expliquons le déroulement de l’examen. Cette étape est essentielle afin d’assurer la collaboration de l’usager et sa compréhension de la marche à suivre. Nous devons user de nos connaissances afin de choisir les bons paramètres techniques selon la physionomie du patient. Nous devons également évaluer la qualité des images et nous adapter à la condition du patient afin de produire des images de qualité. Il ne s’agit pas simplement de suivre un manuel technique, nous devons réfléchir et nous adapter à notre clientèle. L’usager est au centre de notre travail, tout tourne autour de lui, nous devons nous assurer de sa sécurité et de son confort.
RDV : La COVID-19 a-t-elle changé votre travail et, si oui, de quelle façon?
FA : La COVID a changé bien des choses sur le plan de l’organisation de notre travail. Se déplacer pour se rendre dans la zone COVID pour exécuter des clichés au chevet requiert une organisation et du temps. De plus, lorsqu’un patient doit se rendre dans la zone COVID de notre département, nous devons respecter les procédures mises en place afin d’assurer notre sécurité et celle de nos usagers. La communication et la vigilance sont devenues primordiales au sein de notre équipe et avec les unités de soins. C’est parfois tout un défi. La COVID a fait en sorte d’éveiller en nous de nouveaux réflexes d’organisation, de communication et de vigilance. Mais essentiellement la manière d’exécuter nous examen reste la même. Nous devons cependant savoir utiliser le bon ÉPI et être attentifs lors du retrait de ceux-ci. Bien que nous soyons déjà très rigoureux quant au nettoyage de nos équipements, nous devons y porter une attention particulière en période de COVID.
RDV : À votre avis, la profession de technologue en radiologie est-elle connue et reconnue et est-ce une profession répandue?
FA : La profession est de plus en plus connue, mais il n’y a pas assez de technologues. Aussi, ce ne sont pas tous les collèges d’enseignement qui offrent cette formation. Bien évidemment, il reste du travail à faire pour faire connaître la profession, notamment auprès de la population. Je rêve du jour où les usagers cesseront de nous appeler infirmières! Or, les technologues ne sont pas assez reconnus : par exemple, le volet soins à l’usager et notre présence souvent prolongée auprès de celui-ci. Encore aujourd’hui les gens confondent technologues et techniciens. Souvent, les gens qui ne connaissent pas le métier sont portés à croire que nous n’avons aucun contact avec l’usager, que nous ne faisons que manipuler un appareil, presser sur des boutons. Il est difficile d’être reconnu lorsque la nature de notre travail n’est pas connue!
RDV : Qu’est-ce qui vous plaît davantage de votre travail ?
FA : Nous sommes constamment en mouvement. On ne s’ennuie pas en radiologie. Chaque jour est un défi, nous avons toujours l’occasion de nous surpasser. Notre profession en constante évolution nous permet d’acquérir de nouvelles connaissances régulièrement. Au cours de notre carrière, nous pouvons être amenés à travailler dans plusieurs secteurs de la radiologie : tomodensitométrie, résonnance magnétique, radioscopie, bloc opératoire, radiologie conventionnelle, système d’archivage des images, angioradiologie. Nous avons également l’opportunité de suivre une formation afin de faire l’installation de cathéter veineux central (PICC line).
RDV : Quel est le plus grand défi rattaché à votre profession ?
FA : S’adapter à la condition de l’usager afin d’exécuter des clichés de qualité est parfois un défi, chaque usager étant différent. Certains examens provoquent plus de crainte chez l’usager, nous devons donc le rassurer et gagner sa confiance.
RDV : Qu’est-ce qui vous a dirigé vers cette profession ?
FA : Le fait que cette profession jumelle avec merveille technologie et soins. Nous travaillons avec des appareils, mais le centre de notre profession repose sur l’usager.
RDV : Comment voyez-vous l’avenir de la profession ?
FA : Nous sommes essentiels et le serons toujours, rien ne remplacera l’action d’accueillir un usager avec professionnalisme, de la positionner adéquatement, d’assurer sa sécurité, etc. Nos appareils sont en constante évolution, nous devons simplement garder nos connaissances à jour et accueillir de nouveaux savoirs. La manière d’exécuter notre travail repose de plus en plus sur l’application de nos connaissances intellectuelles. Ce qui m’amène à penser que la formation fera de plus en plus appel au raisonnement.
Le saviez-vous? :
Un peu plus d’une centaine de technologues en imagerie médicale travaillent aux départements de radiologie de l’Hôpital de Verdun et de l’Hôpital Notre-Dame.








