Sonia Bélanger, PDG
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À la veille de la Journée internationale de la prévention du suicide, on ne peut écarter de l’équation l’impact de la pandémie sur la santé mentale de la population.
Avec cette crise, nombre de chercheurs et de professionnels de la santé ont craint et craignent encore que le confinement, l’isolement social et les difficultés économiques ne provoquent une hausse des comportements suicidaires. D’autres pensent qu’à court terme, c’est plutôt l’anxiété qui croît. Or, à plus long terme, cela pourrait se traduire – ou non – par une augmentation des taux de suicide selon différents facteurs, dont la disponibilité des soins et services en santé mentale, le sentiment d’espoir des individus et les effets de la pandémie sur l’économie à moyenne et longue échéance.
Il est encore tôt pour mesurer le réel impact de cette crise sanitaire sur le suicide au Québec. Toutefois, il est maintenant reconnu que le contexte de pandémie aggrave certains facteurs de risque de suicide et que la vulnérabilité de certaines populations se trouve accentuée. Déjà, plusieurs actions en lien avec la pandémie ont été entreprises dans le domaine de la surveillance et de la prévention du suicide à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), par exemple.
L’impact de la crise sanitaire et ses répercussions économiques sur le suicide au Québec ne seront pas connus immédiatement. Sans doute que les conséquences de la COVID-19 sur le suicide continueront de se manifester des mois après la fin de la période la plus critique de la pandémie. Dans ce contexte, il est important de rester vigilants, d’adapter les activités de surveillance afin de reconnaître les conséquences de cette crise sur les comportements suicidaires au Québec et d’être attentifs à tout signe qui puisse révéler un risque suicidaire.
Vous êtes inquiets pour un ami ou un proche qui montre des signes de détresse ou semble avoir des idées suicidaires? Sachez qu’une capsule de formation sur le repérage du risque suicidaire est maintenant disponible dans l’Environnement numérique d’apprentissage provincial (ENA) pour l’ensemble des employés – cliniciens comme administratifs. Elle s’adresse donc à l’ensemble des personnes contribuant à la mission du CCSMTL. Après tout, « la prévention du suicide c’est l’affaire de tous ! »
Il existe également un nouveau Service numérique québécois en prévention du suicide – suicide.ca – récemment lancé par l’Association québécoise de prévention du suicide grâce au financement du ministère de la Santé et des Services sociaux. Le CCSMTL est un acteur clé dans la promotion de ce service, tant auprès de ses différentes clientèles, qu’auprès de ses employé(e)s.
Le service Suicide.ca a pour but de prévenir le suicide au moyen des technologies numériques en informant et en soutenant les personnes vulnérables au suicide, les proches inquiets et les endeuillés par suicide. Il est également une référence pour les intervenants qui travaillent auprès de ces clientèles.
Le suicide est un enjeu collectif et chacun peut, à sa mesure, poser un geste afin de contribuer à sa prévention. C’est pourquoi il est si important de resserrer le filet humain et d’être là pour nos proches, en personne comme à distance.