Des pionnières qui ont marqué l’histoire du Québec

Des pionnières qui ont marqué l’histoire du Québec

10 mars 2022
Temps de lecture : 11 minutes

La rédaction

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Dans la foulée de la Journée internationale des femmes qui a été soulignée mardi, le 8 mars, nous vous faisons découvrir – ou redécouvrir -, des pionnières, des femmes qui ont marqué le Québec sur une multitude de plans : social, politique, juridique, culturel, médical, éducatif, etc. Nous avons également préparé une courte liste de suggestions de lectures qui vous permettront de mieux connaître ces femmes et d’autres, car la liste des femmes présentées dans cet article n’est certes pas exhaustive, mais elle vise à présenter, néanmoins, des femmes audacieuses qui ont laissé leur marque, au Québec – et ailleurs !


Sur le plan de la santé et des services sociaux

. Originaire d’Henryville, Charlotte Tassé (1893-1974) entre à l’école d’infirmières de l’hôpital Notre-Dame en 1914. Elle décide ensuite d’aller se spécialiser au Bellevue Hospital, à New York. En 1919, le docteur Albert Prévost ouvre une clinique privée pour soigner les troubles nerveux à Montréal. Il demande l’assistance de la garde-malade Charlotte Tassé, qui le seconde dès septembre. Peu de temps après son arrivée, Charlotte Tassé inaugure une école de garde-malades au sein de l’institut. Cette école, en fonction jusqu’en 1947, forme une cinquantaine de garde-malades. En 1926, lorsque le docteur Prévost décède subitement, Charlotte Tassé prend la direction de l’établissement.

. Première Canadienne française à exercer la médecine au Québec et pionnière de la pédiatrie québécoise, Irma LeVasseur est à l’origine de la fondation des deux premiers hôpitaux pour enfants au Québec, soit les hôpitaux Sainte-Justine (1907) et de L’Enfant-Jésus (1923).

. La Dre Maude Abbott était parmi les premières femmes canadiennes à suivre un enseignement supérieur. Elle a rédigé un chapitre sur les cardiopathies congénitales qui a été publié dans le manuel sur la médecine moderne du Dr William Osler, un des pères de la médecine moderne, ce qui a conféré à Dre Abbott un rôle d’autorité mondiale en la matière. Elle a aussi contribué à la fondation de la Fédération des femmes médecins du Canada (1924).
Le saviez-vous ? Elle a été admise à titre posthume au Temple de la renommée médicale canadienne en 1994.

. La Dre Jessie Boyd Scriver, appelée affectueusement « Dre Jessie », a été l’une des 5 premières femmes à être diplômée de la Faculté de médecine de l’Université McGill en 1922. Elle a travaillé à l’Hôpital de Montréal pour enfants et à l’Hôpital Royal Victoria de 1926 à 1967.

Le saviez-vous ? Elle a été la première femme pédiatre de Montréal.

. Mme Margaret Anne Smith,  a été la directrice des services sociaux de l’Hôpital de Montréal pour enfants pendant plus de 30 ans.

Le saviez-vous ? Elle a contribué au lancement de nombreuses initiatives, notamment pour la mise en place d’une équipe de protection de l’enfance, ce qui était une première au Canada.

. Mme Nora Livingston est l’une des pionnières des soins infirmiers au Canada. En plus de ses nombreuses réalisations dans l’enseignement infirmier, elle a conçu des normes pour hausser le niveau des soins aux patients et a établi, en 1897, un foyer d’infirmières où ces dernières pouvaient être logées correctement. Surintendante générale de l’Hôpital général de Montréal (HGM) de 1890 à 1919, elle est reconnue pour ses réalisations remarquables dans le domaine des soins infirmiers, tant ici qu’à l’étranger.

Le saviez-vous ? Le Pavillon Livingston de l’HGM a été nommé en son honneur.

. La Dre Eléanor Percival. Spécialisée en obstétrique et en gynécologie, elle a été la première femme à travailler au sein du personnel traitant de l’Hôpital général de Montréal.

Le saviez-vous ? Elle faisait partie des 5 premières femmes diplômées en médecine de l’Université McGill en 1922.

. Au tout début du XXe siècle, un groupe de Montréalaises d’origine canado irlandaise ont fondé le tout premier hôpital de convalescence en Amérique du Nord. Celui-ci deviendra en 1933 le Montreal Convalescent Hopital, qui prendra plus tard le nom de Hôpital de réadaptation Lindsay. Au cours des années 2000, il fusionnera avec l’Institut de réadaptation de Montréal, pour créer l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal (IRGLM). Dévouées à la cause des personnes malades et dans le besoin, ces pionnières ont façonné à leur image le visage de la philanthropie, pour faire de l’abnégation et de l’altruisme une véritable philosophie à laquelle elles ont adhéré durant toute leur vie.

. Dre Margaret R. Becklake fait figure de pionnière en médecine et en épidémiologie respiratoires. Elle a été nommée grande officière de l’Ordre national du Québec et est membre de l’Ordre du Canada.

Le saviez-vous ? Active professionnellement pendant plus de 55 ans, notamment elle s’est démarquée à l’international par ses recherches sur les causes professionnelles et environnementales des maladies pulmonaires.

. Pour sa part, Mme Eileen Flanagan était infirmière en chef à l’Hôpital Royal Victoria (HRV) et une défenseure de l’éducation formelle et des droits légaux pour les infirmières.

Le saviez-vous ? Elle a exercé avec succès des pressions pour l’adoption de la Loi sur les infirmières et les infirmiers du Québec en 1946, 1re loi canadienne à exiger l’obtention d’un permis pour pouvoir exercer la profession d’infirmière.

. Dre Joanne Liu a été présidente internationale de Médecins sans frontières (MSF), l’une des plus importantes organisations humanitaires du monde. Elle a d’ailleurs été la première Québécoise à s’être hissée à sa tête, en 2013. Elle a travaillé comme pédiatre-urgentiste au CHU Sainte-Justine. Avec MSF depuis 1996, elle a effectué des missions auprès des réfugiés somaliens au Kenya et elle s’est rendue en république du Congo, au Honduras, en Haïti, en Éthiopie, au Nigeria, en Indonésie, dans les territoires palestiniens, en Ouganda, au Soudan et au Sri Lanka. Militante dans l’âme, elle agit sur tous les fronts et souhaite sensibiliser la population mondiale aux conflits dévastateurs qui laissent derrière eux des champs de ruines. Dre Liu est lauréate de nombreux prix, dont le prix Teasdale-Corti Action humanitaire 2013. En 2015, elle a figuré parmi les 100 personnes les plus influentes de la planète selon le magazine Time. En 2018, elle a été faite Grande Québécoise, section de la santé, par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.


Sur le plan scientifique

. Marcelle Gauvreau a été bien plus que la confidente du frère Marie-Victorin. Elle fut la première francophone du Québec à obtenir une maîtrise en sciences naturelles.

. Hélène Alarie, avant-gardiste en agronomie, diplomée en agronomie en 1963, première femme agronome du Québec, première femme commissaire à la protection du territoire agricole, une des premières femmes sous-ministres adjointes à l’Agriculture et sans doute première femme à enseigner l’agronomie en Algérie après la guerre d’indépendance, Hélène Alarie fait figure de proue dans son domaine.

. Laurie Rousseau-Nepton, diplomée en physique en 2008. Très jeune, Laurie Rousseau-Nepton avait déjà la tête dans les étoiles alors qu’elle observait le ciel du Lac-Saint-Jean où elle a grandi avec sa famille d’origine innue. Grâce à sa passion pour l’astronomie, elle devient la première femme autochtone québécoise à décrocher un doctorat en astrophysique.

. Farah Albay, ingénieure en aérospatiale, une des personnalités de l’année 2021. C’est elle qui a  été au cœur de la mission sur Mars en y faisant atterrir avec succès le robot Perseverance le 18 février 2021.


Sur les plans politique et juridique

. Idola Saint-Jean est une des figures importantes de la lutte pour l’obtention du droit de vote pour les femmes québécoises. Elle est la fondatrice de l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec (1927) et la première Québécoise à s’être présentée à des élections fédérales (1930).

. Marie Gérin-Lajoie (née Lacoste, 1867-1945) a été juriste et pionnière du mouvement féministe au Québec. En 1907, elle a cofondé la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (1907) et le Comité provincial pour le suffrage féminin (1922). C’est en grande partie grâce à elle que l’Assemblée législative modifie, en 1931, le Code civil du Québec pour donner à la femme mariée le plein contrôle de ses avoirs et de son salaire. Marie Gérin-Lajoie a œuvré toute sa carrière à ce que les femmes comprennent le régime juridique qui gouverne leur vie en tant qu’épouses, mères et travailleuses.

. Thérèse Casgrain (née Forget, 1896-1981) a été réformatrice, féministe et politicienne. Au cours des décennies 1920 à 1940, elle a travaillé avec d’autres femmes à faire reconnaître les droits des femmes, en particulier le droit de vote et d’éligibilité au niveau québécois. Elle est aussi la première femme élue à la tête d’un parti politique au Canada et au Québec.  Elle a consacré sa vie à lutter contre les inégalités économiques, sociales et politiques des femmes.

. Avocate de formation, Claire Kirkland-Casgrain (1924 -2016 ), Claire Kirkland-Casgrain devient la première députée québécoise élue à l’Assemblée nationale du Québec lors de l’élection complémentaire du 14 décembre 1961. Son legs politique le plus marquant est le projet de loi 16, adopté en 1964, qui mettait fin à l’incapacité juridique des femmes mariées.

. Elizabeth Carmichael Monk est une pionnière de l’accession des femmes québécoises à la profession juridique. Elle est l’une des premières femmes admises au Barreau du Québec (1942).

. Claire L’Heureux-Dubé , diplômée en droit en 1951. Après avoir exercé le métier d’avocate et siégé durant six ans à la Cour supérieure du Québec, Claire L’Heureux-Dubé devient la première femme nommée juge à la Cour d’appel du Québec en . En , elle accède à la Cour suprême du Canada.

. Pauline Marois a été la première femme à occuper la fonction, de premier ministre su Québec,  de septembre 2012 à avril 2014.

. Aussi, Linda Goupil a été la première femme ministre à la Justice, Thérèse Lavoie-Roux a été la première femme ministre de la Santé, Lucienne Robillard, la première femme ministre de l’Éducation et Monique Gagnon-Tremblay, première femme ministre des Finances, présidente du Conseil du trésor et  chef de l’opposition officielle.


Sur les plans sociétal et culturel

. Judith Jasmin, journaliste, comédienne et réalisatrice (1916-1972). Véritable pionnière du journalisme au Québec, Judith Jasmin est aussi la première Canadienne à avoir fait sa marque comme grand reporter et comme correspondante à l’étranger. (NDLR: C’est une photo de Mme Jasmin qui illustre le présent article).

. Simonne Monet-Chartrand, syndicaliste, activiste sociale, pacifiste, féministe, conférencière, rédactrice (1919-1993), était une femme de passion et de conviction. Elle a activement soutenu de nombreuses causes, notamment les droits des travailleurs et des syndicats, le féminisme, les droits de la personne et le pacifisme. Elle est cofondatrice de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et de l’Institut Simone de Beauvoir de l’Université Concordia. Elle fut par ailleurs directrice adjointe de la Ligue des droits de l’homme et de la Ligue des droits et libertés. Rédactrice et intervenante à Radio-Canada, elle a également rédigé de nombreux articles pour divers magazines et publié des livres sur le pacifisme et l’histoire des femmes au Québec, ainsi qu’une autobiographie en quatre volumes.

. Janette Bertrand, journaliste, comédienne, auteure, dramaturge et féministe (née le 25 mars 1925), est la figure de proue de la télévision québécoise.  Janette Bertrand a marqué profondément le journalisme et la culture au Québec. Elle est reconnue pour son approche franche et sincère dans le traitement de sujets à dimension sociale qui n’avaient jamais été traités à la télévision québécoise à l’époque, notamment les relations sexuelles, l’homosexualité, le VIH-sida, le suicide et la violence faite aux femmes. Elle est depuis longtemps reconnue pour ses positions progressistes sur les questions sociales et son rôle dans l’éducation du public à ce sujet. Elle est compagnon de l’Ordre du Canada et chevalier de l’Ordre national du Québec.

. Peinture, danse, sculpture, art performatif… Au cours d’une carrière exceptionnellement longue de plus de sept décennies, Françoise Sullivan, artiste multidisciplinaire, a été une précurseure dans chacun de ces domaines, en plus de signer le manifeste Refus global.

. Surnommée la passionaria du Québec, la chanteuse Pauline Julien (1928-1998) était réputée pour sa puissance d’expression et sa sensibilité — des qualités qu’elle puise à la fois dans son expérience du théâtre et de la musique. Elle était une chanteuse, autrice-compositrice et actrice. Elle a acquis une grande notoriété au Québec, en France ainsi que dans le Canada anglophone. Elle est une icône de la chanson québécoise, en plus d’être une figure souverainiste et féministe importante au Québec.


Sur le plan de l’éducation

. À une époque où les jeunes filles n’avaient pas accès aux études supérieures, Marie-Aveline Bengle, dite mère Sainte-Anne-Marie, a joué un rôle clé dans la lutte pour le droit à l’instruction en fondant le premier collège classique féminin au Québec (1908).

. Laure Gaudreault est une pionnière du syndicalisme dans le monde de l’éducation. Elle a joué un rôle déterminant dans la mise sur pied des syndicats d’enseignants au cours des décennies 1930 et 1940.

. Carrie Derick, botaniste, pionnière en génétique végétale et première femme à devenir professeure dans une université québécoise.


Sur le plan sportif

. Manon Rhéaume, hockeyeuse pionnière de la Ligue nationale de hockey et première femme à signer un contrat de hockey professionnel. .Le 23 septembre 1992, elle a gardé le filet du Lightning de Tampa Bay pendant une période lors d’une rencontre préparatoire. Il s’agissait du premier match local de l’histoire de la franchise. Depuis 1992, aucune autre femme n’a été sélectionnée pour intégrer la LNH.

. Marie José Turcotte, qui prendra sa retraite ce printemps, après avoir consacré 40 ans à la couverture d’événements sportifs, est la première femme journaliste aux sports à la télé d’ici. Elle est également la première femme à animer une émission de sports au Québec, lorsqu’on lui confie la barre de L’univers des sports.


Sur le plan des affaires

. Depuis la création d’Hydro-Québec en 1944, 15 présidents-directeurs généraux se sont succédé à sa tête. Sophie Brochu, est la première femme à accéder à ce poste. C’est aussi la première personne à apporter une expérience aussi solide du secteur de l’énergie, ayant été la PDG de Gaz Métro, une première également.

. Monique F. Leroux, femme d’affaires, pionnière des finances et première femme à accéder à la présidence d’une institution financière au Canada. Aujourd’hui, près d’un poste de haute direction sur quatre dans le domaine financier est occupé par une femme.

 

La Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, aussi connue sous le nom de Commission Bird en l’honneur de sa présidente Florence Bird, est instituée le 3 février 1967. Ses audiences publiques durent six mois, au cours desquels plus de 900 personnes sont entendues. En plus de dresser le portrait de la situation de la femme, le rapport déposé le 7 décembre 1970 comprend 167 recommandations visant à réduire les inégalités entre les sexes dans les différentes sphères de la société. Plusieurs de ces recommandations ont mené à l’adoption de politiques très importantes, comme celle du congé de maternité. La Commission Bird a porté plus précisément sur la question de la présence de la femme sur le marché du travail.

 

Lectures suggérées pour en découvrir davantage sur des pionnières qui ont marqué l’histoire du Québec :

Les femmes pionnières du Québec à l’honneur

Huit pionnières québécoises honorées pour la Journée internationale des femmes

Des femmes qui ont marqué notre histoire

 

 

 

 

 

 

 

 

Un commentaire

  1. Merci pour cet éclairage nécessaire sur cette portion souvent négligée de notre histoire ! Merci encore pour la qualité de la recherche et de l’écriture de cet excellent article.

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