Direction des programmes de déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique
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Il y a 10 ans, France occupait un poste de superviseure à temps plein au centre-ville de Montréal. Elle n’avait jamais pensé devenir famille d’accueil, jusqu’au jour où son mari lui a proposé de prendre soin de leur nièce ayant un diagnostic de déficience intellectuelle. L’année d’après, ils prenaient également sous leurs ailes le frère de France.
Comme ils avaient encore des chambres libres dans leur maison et qu’ils savaient que les besoins étaient nombreux, ils ont décidé d’aider le plus d’adultes possible.
Aujourd’hui, ils accueillent cinq adultes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme et/ou une déficience intellectuelle.
Malgré son quotidien bien rempli, France a généreusement accepté de partager son expérience personnelle dans le cadre de la campagne de recrutement de familles d’accueil du CCSMTL.
Qu’est-ce que ça prend pour devenir famille d’accueil?
Selon France, il faut d’abord savoir faire preuve de tolérance.
« Il faut que tu tolères que ta maison ne sera pas impeccable. Il va y en avoir des affaires qui vont traîner et des marques de doigts sur le réfrigérateur. »
Chez France, c’est le plaisir et le développement de l’autonomie qui priment.
Elle explique que les adultes qu’elle accueille adorent l’aider dans des petites tâches quotidiennes comme dresser la table pour le souper, plier le linge et le ranger.
Toutefois, cela signifie qu’il manque un ustensile pour quelqu’un presque à chaque repas, que les vêtements sont pêle-mêle dans les tiroirs et qu’ils en ressortent un peu froissés. « Mais ce n’est vraiment pas grave! », s’exclame France.
En retour, ils sont heureux et fiers d’avoir aidé. « Je veux qu’ils soient bien, qu’ils soient chez eux. »
« Il ne faut pas que tes demandes soient trop élevées. Il faut que tu te dises : je veux juste qu’ils soient heureux. Et ce qui me rend heureuse moi ne veut pas dire que ça les rend heureux eux. J’en ai cinq et il n’y en a pas un qui voit la vie de la même façon. Il faut s’acclimater à chacun. »
Elle ajoute que pour devenir famille d’accueil, ça prend aussi de la patience, de la débrouillardise… et un goût certain pour la cuisine! Chez France, on est toujours sept à table et tout le monde a besoin d’un lunch pour le lendemain.
Qu’est-ce que ça vous apporte d’être famille d’accueil?
« C’est valorisant! Quand tu sais que tu les rends heureux et qu’ils évoluent. »
France raconte les progrès que chacun et chacune a faits depuis son arrivée chez elle. L’une est passée de craintive et renfermée à confiante et assumée alors qu’un autre s’exprime beaucoup plus qu’avant.
« Dix ans plus tard, c’est beau de voir l’évolution de chacun d’entre eux. Je suis tellement fière ».
Quelle est la dynamique à la maison?
France parle des adultes qu’elle accueille avec un sourire et une chaleur dans la voix. Elle décrit leurs soupers où ils sont réunis comme une grande famille : « On a beaucoup de plaisir. On est 7 autour de la table, ça jase, ça parle, ça raconte sa journée. Tout le monde s’adonne bien. »
« Il n’y en a pas un qui franchit la porte ici à reculons. Ils sont tous contents d’arriver. »
La semaine, certains vont à l’école ou à des plateaux de travail. La fin de semaine, il y a les visites dans les familles et aussi les activités comme les quilles et le bingo.
Quels conseils donneriez-vous à ceux et celles qui aimeraient devenir famille d’accueil?
France affirme qu’il faut se demander si on sera capable d’agir comme une mère ou un père le fait pour ses enfants biologiques et être prêt.e à être au service de quelqu’un d’autre, dans une démarche de don de soi.
« On ne peut pas faire ça pour l’argent, car il y a tellement d’heures investies! »
Au début, France avoue qu’elle était craintive. Elle ne savait pas si elle avait ce qu’il faut pour être famille d’accueil. Mais elle s’est rendu compte qu’elle s’inquiétait pour rien.
« Quand tu es passé à travers l’adolescence de tes enfants, tu es capable de faire n’importe quoi. », dit-elle en souriant.
« Il ne faut pas hésiter, il faut foncer. Je ne regrette pas, je suis très valorisée par ce que je fais comme travail. »
Pour en savoir plus sur la campagne de recrutement de famille d’accueil du CCSMTL, cliquez ici.