S’informer et agir pour contrer les surdoses

S’informer et agir pour contrer les surdoses

12 septembre 2023
Temps de lecture : 3 minutes

Direction régionale de santé publique

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La région de Montréal – à l’instar de nombreuses autres villes au Canada – est actuellement touchée par une hausse des surdoses liées à la consommation de drogues, notamment en raison de la vente de substances de plus en plus puissantes et imprévisibles sur le marché illicite. 

La contamination et l’instabilité des drogues vendues illégalement, la stigmatisation et la criminalisation font partie des nombreux facteurs contributifs auxquels il faut s’attarder. 

Dans la foulée de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, qui a été soulignée le 31 août et qui vise à sensibiliser la population à la crise de surdoses, la Direction régionale de santé publique de Montréal a publié de nouvelles données sociodémographiques sur les surdoses à Montréal. 

Des données percutantes

Ces données révèlent qu’en 2022-2023, le nombre de décès par intoxication a atteint le nombre de 175 (environ 2 décès par jour). Parmi ces décès, les hommes sont surreprésentés, avec 138 décès, alors que 38 femmes ont perdu la vie. À noter aussi que toutes les catégories d’âge sont touchées, mais plus particulièrement les personnes âgées de 40 à 59 ans.  Or, saviez-vous que les surdoses mortelles se produisent majoritairement à domicile – soit dans 77% des cas – et non dans la rue et qu’au moins 9 % des décès par intoxication sont survenus chez des personnes en situation d’itinérance? C’est sans compter la souffrance des familles et proches qui perdent un être cher.

On y apprend également qu’au cours de la dernière année, le nombre de surdoses a été cinq fois plus élevé qu’en 2019-2020 mais qu’en même temps, le nombre de surdoses mortelles est demeuré assez stable. Parallèlement, les interventions d’urgence en sites de consommation supervisée (SCS) ont quintuplé avec une moyenne de 49 visites avec intervention d’urgence par mois en 2022-2023. En effet, au cours de la même année, on constate une augmentation de la distribution et de l’utilisation de la naloxone aux citoyens : 547 interventions des ambulanciers d’Urgences santé avec administration de ce médicament, plus de 1214 services et redistributions par mois, 708 interventions d’urgence en services de consommation supervisée, de même qu’une hausse de l’utilisation avant l’arrivée des paramédics).  

Des services essentiels

C’est donc à dire que le travail effectué par les intervenants des SCS fonctionne et que le portrait serait autrement plus sombre : effectivement, dans la dernière année, plusieurs vies ont été sauvées grâce au travail des organismes communautaires, des ambulanciers, des premiers répondants et des citoyens. Soulignons que l’engagement des infirmières en SCS est exceptionnel et leur travail a un impact majeur sur la santé des personnes parmi les plus marginalisées à Montréal. 

Le Dr Benoit Corriveau, médecin en santé publique et en médecine préventive du CCSMTL, était de passage à l’émission 15-18, sur ICI Première (SRC). Au cours de l’entrevue livrée à l’animatrice Annie Desrochers, le Dr Corriveau a souligné cet important point :

« C’est très préoccupant ce qu’on observe. Ce n’est pas nécessairement le profil auquel les gens s’attendent. Ce sont beaucoup des gens qui décèdent à domicile et hors des quartiers centraux. C’est à peu près les trois quarts des décès qui surviennent hors du centre-ville de Montréal. »

À la lumière de ces constats, il est important de rehausser les actions partout sur l’île, de pérenniser ce qui fonctionne bien mais aussi de développer des nouveaux services hors du centre-ville. Si les services sont trop loin les gens n’iront pas. À terme et concrètement, la DRSP souhaite donc élargir le nombre de SCS dans la région de Montréal et ouvrir des salles d’inhalation.

Un commentaire

  1. L’accès à des trousses de Naloxone gratuits sont disponibles chez votre pharmacien.

    Des kits pour auto-dépistage simple de la présence de Fentanyl existent mais semblent trop coûteux. Il est difficile d’en obtenir versus les services en dépendance du Ciusss de Mtl en général.

    Aussi, le nouveau modèle de l’offre de service en dépendances du Ciusss de Mtl peut exclure, selon moi, certaines populations plus vulnérables et difficile d’accès. (Vs intégration, vs services adaptés, vs bureaucracie etc)

    Merci de lire mon point de vu sur cette question.

    Geneviève Siebes
    A.R.H services en dépendance depuis 30 années.

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