Infirmière en dépendance : au-delà des apparences

Infirmière en dépendance : au-delà des apparences

14 novembre 2023
Temps de lecture : 3 minutes

Direction des programmes santé mentale et dépendance
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Tous les chemins mènent à soi

Quand elle était enfant, Pauline Doassans-Carrerre se disait qu’une fois grande, elle serait soit serveuse, soit infirmière. Si ces deux professions semblent éloignées, elles ont en commun ce désir d’être auprès des gens, de faire en sorte qu’ils se sentent bien. Elle deviendra finalement infirmière clinicienne.

Son parcours débute en neurochirurgie, un milieu où elle peut mettre en pratique ses nouveaux apprentissages techniques. Elle poursuit en explorant différentes branches de la chirurgie, les soins palliatifs, la cardiologie, la pneumologie et l’oncologie.

« J’aime le changement, découvrir et apprendre. Le métier d’infirmière me permet ça. »

Souhaitant développer davantage le côté relationnel de sa profession et se rapprocher des usagers et usagères, elle s’est dirigée vers le milieu de la dépendance il y a quelques mois. Ce fut un coup de cœur instantané! Bien que ce milieu l’ait toujours captivée, elle hésitait à s’y aventurer. Pourtant, elle est sur son X dans son rôle d’infirmière clinicienne assistante au supérieur immédiat (ICASI) à l’urgence dépendance.

Sans regret, elle aurait même souhaité arriver plus rapidement en dépendance : « Il y a tellement de possibilités en soins infirmiers, il faut bien se connaitre et oser aller vers ce que l’on est. »

Un milieu qui élève, professionnellement et personnellement

Le métier d’infirmière en dépendance requiert beaucoup d’empathie, d’ouverture d’esprit et d’acceptation de l’autre.

Pauline explique, « On a une belle autonomie, on nous fait beaucoup confiance, mais en même temps, le support est là. » En effet, Pauline peut compter sur le soutien de l’équipe de professionnel.le.s multidisciplinaires. 

Le quotidien de l’équipe est très varié : chaque usager ou usagère est unique. Il faut savoir s’adapter et comprendre la complexité de son parcours lorsqu’il ou elle se présente à l’urgence. D’abord, une première admission est réalisée par l’infirmier ou l’infirmière, qui évalue la santé physique et mentale et ce que l’usager ou l’usagère vient chercher. Un éducateur ou une éducatrice fait également son évaluation et tout est mis en commun en vue de la visite du médecin.

Il est possible de rester un ou deux jours à l’urgence : en plus du soutien physique et mental, des outils proposés, on laisse les usagers et usagères se reposer, prendre du mieux.

 « C’est à force de nous voir, à force de dire “je t’écoute et je t’entends”, qu’on peut créer un questionnement “est-ce que j’aurais besoin d’arrêter de consommer? ” C’est ça qu’on crée à l’urgence dépendance, vraiment. »

Depuis son arrivée, Pauline, en collaboration avec son équipe, a mis en place un groupe de discussion permettant aux usagers et usagères de bénéficier d’échanges et de soutien. En plus d’enrichir son parcours professionnel, son rôle lui a permis de grandir personnellement « C’est ce qui me raccroche à l’urgence dépendance et à la gestion de dépendance : on voit ce que des personnes peuvent vivre et ça nous permet d’être moins jugeant, ça nous pousse à porter un regard intérieur et autant sur le monde, on voit la vie différemment. »

À écouter Pauline Doassans-Carrerre, nous sommes convaincues de l’importance de son rôle et de ce que le milieu de la dépendance lui apporte au quotidien.

9 commentaires

  1. Bravo Pauline! Ton parcours est inspirant, et je m’y retrouve beaucoup. Tu es vraiment une puissante embassadrice pour la profession infirmière. Bonne continuité!

  2. Bonjour,

    Cela est rassurant de voir et lire à quel point une personne soit capable de venir en aide et de collaborer avec les spécialistes en dépendances et les usager.ère.s de manière si humaine.

    Elle doit certainement avoir du Respect, de la Reconnaissance et un esprit de Collaboration, envers les êtres humains et aussi…avoir,

    le Savoir, le Savoir faire et le Savoir être.

    Je lui souhaite de prendre bien soins d’elle- même:)

    Les services en dépendances ont vécu beaucoup de changements et d’instabilitité, suite à la dissolution et perte d’expertise dans ce domaine, depuis plusieurs années.

    Le phénomène et les impacts de la dépendance aux SPA’s mérites ce genre d’attention, attention en « déficite d’attention avec hyperactivité » persévérante et pernicieuse de la part de nos Chef.fe.s.

    La qualité des services en dépendances a diminué et souffre à travers tout ces changements politiques et utilitaires.

    Les personnes ayants des problèmes de dépendance et leur entourage devraient toujours, selon moi, demeurer une priorité sociale, humanitaire et socio-sanitaire.

    A.R.H. en dépendances depuis 30 ans et +.

    À la retraite

    Geneviève Siebes

  3. Pauline est une infirmière dévouée qui par son approche humaine est capable de faire la différence dans une unité de soins. Bravo pour ton professionnalisme et ta grande ouverture face à la clientèle en dépendance, et en souhaitant que d’autres infirmières soient inspirées par ton témoignage.

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