Mois sans alcool : ce que la science nous dit…

Mois sans alcool : ce que la science nous dit…

20 février 2024
Temps de lecture : 4 minutes

Direction régionale de santé publique

Originaire du Royaume-Uni, le Défi 28 jours sans alcool se déroule ici tout le mois de février. Cette pratique, qui a débuté de ce côté-ci de l’Atlantique vers la fin des années 2010, compte de plus en plus d’adeptes. Depuis, plusieurs personnes ou groupes organisés entreprennent de prendre une pause d’alcool sans nécessairement s’inscrire à un « défi » officiel. Voyons de plus près l’objectif commun derrière ce défi et les raisons qui expliquent sa popularité croissante.

Tout d’abord, contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’objectif d’une abstinence temporaire à l’alcool n’est pas de prôner la sobriété, mais plutôt d’encourager les gens à réfléchir à la relation qu’ils entretiennent avec l’alcool ainsi qu’à la manière dont ils consomment et parlent d’alcool.

Mais avant tout, la question est de savoir comment une « pause » dans notre consommation peut nous être bénéfique, quelle que soit notre situation : femme, homme, parent ou non, buveur du dimanche ou amatrice d’un verre de vin chaque soir…

Autrement dit, pourquoi arrêter de boire de l’alcool en l’absence d’un problème de dépendance?

  • Pour comprendre les bienfaits d’une pause de l’alcool, notamment sur notre la santé physique et mentale
  • Pour questionner notre relation avec l’alcool et comprendre ce qui nous incite parfois à aller vers l’alcool
  • Pour se donner l’occasion de découvrir de nouvelles activités, de s’investir dans une passion, d’essayer de nouveaux produits non alcoolisés québécois
  • Pour trouver d’autres façons pour se relaxer et avoir du fun

On assiste à une croissance en popularité des mouvements sans alcool, qui prennent de plus en plus d’ampleur sur les réseaux sociaux. Nombreux sont les influenceurs et influenceuses qui prônent l’adoption d’un mode de vie sain et exempt d’alcool (Dufour, Maire et Bégin, 2023).

Cet engouement ou enthousiasme à l’endroit des mois sans alcool s’explique aussi, en partie, par la diversification et l’augmentation de l’offre de boissons sans alcool. Une augmentation de 40 % des ventes en litres de boissons non alcoolisées a été enregistrée dans les succursales de la SAQ entre 2021 et 2022 (Société des alcools du Québec (2022) Rapport annuel 2022). Dans cette perspective, il n’est pas surprenant de constater une croissance constante des ventes de boissons ‘’sans alcool’’ et  à ‘’faible teneur en alcool’’ au fil du temps, en comparaison aux ventes de boissons alcoolisées.

Selon le Scientifique en chef du Québec, il est vrai qu’une pause d’un mois sans alcool est bonne pour la santé  (gouv.qc.ca).

Une expérience britannique menée en 2013 a cherché à évaluer les bénéfices de s’abstenir de l’alcool pendant un mois. Pour ce faire, 14 journalistes se sont soumis à différents tests, dont des échographies et des prises de sang. Alors que quatre d’entre eux ont continué de boire, les 10 autres ont cessé toute consommation d’alcool pendant cinq semaines. À la fin du Défi, alors que le bilan sanguin des personnes qui avaient poursuivi leur consommation d’alcool était similaire, on observait, chez celles qui s’étaient abstenues de boire de l’alcool, une baisse moyenne de 16% du glucose sanguin et de 5% de leur cholestérol dans le sang. Aussi, les échographies de leur foie révélaient une baisse de 15% de graisse hépatique.

Selon différentes études, l’abstinence temporaire d’alcool peut être un précurseur à un changement de comportement à plus long terme. Par exemple, on a pu noter chez les personnes qui ont complété ce défi, des réductions significatives dans la fréquence et la quantité de consommation d’alcool dans les six mois qui ont suivi l’abstinence temporaire d’alcool. On remarque aussi, notamment, un meilleur bien-être mental. Les personnes qui ont participé à ce défi ont rapporté avoir changé leur régime alimentaire et augmenté leur niveau d’activité physique. Finalement, elles ont fait état d’autres avantages rattachés à un tel défi : des économies, une amélioration du sommeil, plus d’énergie, une meilleure santé, une meilleure concentration et une performance accrue au travail.

À la lumière de ces bienfaits, une petite pause d’alcool, ça vaut le coup!

Quel est le portrait de la consommation d’alcool à Montréal et au Québec?

Les données EQSP 2020-2021 MONTRÉAL (EQSP_2020-2021_HabitudesVieComportementsRisque.pdf (santemontreal.qc.ca)) lèvent le voile sur la chose!

Selon ces données, plus de 7 personnes sur 10 (73,2 %) de la population de 15 ans et plus à Montréal a consommé de l’alcool au cours de la dernière année. Environ 1 personne sur 5 de la population de 15 ans et plus à Montréal a consommé de l’alcool de façon excessive au cours de la dernière année.

Les personnes âgées de 15 à 24 ans sont moins nombreuses en proportion que celles des autres groupes d’âge à avoir consommé de l’alcool au cours des 12 derniers mois. Les personnes âgées de 25 à 44 ans sont plus nombreuses en proportion que celles de 45 à 64 ans et de 65 ans et plus (23% c. 19 % et 10 %) à avoir eu une consommation excessive d’alcool, au cours des 12 derniers mois.

Les personnes qui habitent dans des milieux favorisés sont plus nombreuses en proportion (82 %) à avoir consommé de l’alcool au cours des 12 derniers mois. Cette proportion diminue de façon significative selon le niveau de défavorisation matérielle du milieu, pour atteindre 59 % pour les personnes qui résident dans les milieux défavorisés.

Pour plus de données quant au Québec dans son ensemble : Enquête québécoise sur la santé de la population 2020-2021 (quebec.ca)

Sources : Les sources des affirmations de cet article nous ont été fournies par la Direction régionale de la santé publique. Pour en connaître les détails, communiquez avec nous à redaction.rdv.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca.

 

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