S’ouvrir à une vision différente du monde

S’ouvrir à une vision différente du monde

19 mars 2024
Temps de lecture : 5 minutes

Direction des programmes en DITSADP
__
 

Selon la première définition du Robert[1], un ou une orthophoniste est un ou une spécialiste de l’orthophonie… Ok, mais encore?

Laissons tomber le dictionnaire et partons plutôt à la rencontre de Zoé Laniesse, orthophoniste au Programme UnisSon (Direction des programmes DI-TSA et DP). Ce programme a pour mission d’offrir des services aux enfants de 7 ans et moins ayant un diagnostic ou une hypothèse de retard global du développement, de trouble du spectre de l’autisme ou ayant un syndrome génétique qui s’accompagne d’une possible déficience intellectuelle.

Voyons si elle pourra mieux nous éclairer dans notre compréhension de son métier.

Le Rendez-vous du CCSMTL : Bonjour Zoé. D’entrée de jeu, je ne te ferai pas de cachette. Pour moi, un ou une orthophoniste c’est une personne qui travaille la prononciation des mots avec des usagers et usagères. Est-ce que je résume bien?

Zoé Laniesse : (Rire) Le métier d’orthophoniste est encore un peu méconnu.

Le travail de l’orthophoniste ne consiste pas seulement à travailler la prononciation.

Le champ de compétences des orthophonistes est bien plus large que ce que l’on croit. Il y en a qui travaillent avec des enfants qui ont un trouble de langage, d’autres qui se spécialisent dans la rééducation du langage à la suite d’un AVC ou un traumatisme crânien ou encore dans les troubles de la déglutition. En fait, les orthophonistes sont les spécialistes de la communication au sens large, du langage, de la parole ainsi que de la voix et de la déglutition.

De mon côté, je travaille surtout avec des enfants qui ont un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou une hypothèse de TSA, avec ou sans retard global de développement. Les profils des enfants que je vois sont très variés. Je peux travailler avec un enfant qui ne parle pas et mettre en place par exemple des moyens de communication alternatifs tels que des gestes, des signes, des pictogrammes ou encore des applications de communication sur tablette. L’idée est de permettre à l’enfant d’avoir des moyens efficaces pour communiquer avec nous et de mieux nous comprendre.

D’un autre côté, je peux aussi travailler avec des enfants qui parlent. Dans ce cas, je peux avoir comme objectifs d’améliorer leur compréhension, leur vocabulaire, leur prononciation, la longueur de leurs phrases ou encore leurs habiletés de communication sociale. 

À quoi ressemble une journée de travail typique dans la vie d’une orthophoniste au Programme UnisSon?

Mes tâches de travail varient d’une journée à l’autre. 

Je peux, par exemple, commencer avec une évaluation du langage et de la communication d’un enfant. J’utilise surtout des jeux pour voir comment il me comprend et comment il communique. Par exemple, je peux faire des bulles et regarder si l’enfant pointe, s’il me regarde, s’il peut m’en demander encore ou s’il peut me demander de l’aide. Je peux aussi poser des questions au parent pour savoir comment son enfant communique au quotidien. Mon but est alors d’observer les forces et défis de l’enfant pour cibler des objectifs d’intervention que je pourrai travailler ensuite avec lui et son parent.

Ensuite, je peux discuter d’un enfant avec d’autres membres de l’équipe. Le programme UnisSon compte des éducatrices spécialisées, des psychoéducatrices, des ergothérapeutes, des travailleuses sociales et une physiothérapeute. C’est le partenariat entre l’ensemble de ces spécialistes et les familles qui fait la force de l’équipe. Je peux aussi rencontrer l’intervenant ou intervenante pivot de la famille pour lui dire ce que je travaille avec l’enfant, pour intégrer les stratégies utilisées au CPE ou à domicile.

Puis, je peux avoir un suivi avec un enfant et ses parents, pour aider l’enfant à faire des phrases complètes. Je peux alors jouer à un jeu de poches et encourager l’enfant à commenter ce qu’on fait à l’aide d’une phrase complète.

Je peux ensuite avoir un dernier suivi avec un enfant non verbal avec qui je mets en place un outil de communication sur tablette. Je peux alors utiliser un jouet musical ou lumineux qu’il aime et encourager l’enfant à me pointer l’image de ce jeu sur l’application afin qu’il me la demande.

Les enfant sont toujours avec leurs parents. Mon rôle est d’offrir de la guidance parentale, d’aider les parents à appliquer les stratégies que je leur montre au quotidien.

Bien sûr, aucune journée ne se ressemble! Je peux aussi offrir un groupe pour parents qui ont un enfant avec un TSA ou une hypothèse de TSA. J’offre en ce moment le groupe Au-delà des mots (ou More than Words en anglais) du centre Hanen[2] qui consiste à guider les parents, à les amener à appliquer des stratégies dans les routines et activités de leur quotidien pour stimuler la communication de leur enfant.

En terminant Zoé, qu’aimes-tu de ton métier?

J’aime beaucoup travailler auprès des enfants à besoins particuliers. J’ai toujours trouvé le TSA fascinant. C’est très enrichissant pour moi, en tant qu’humaine et professionnelle. Dans une société où l’on veut tout normaliser, ça nous oblige à s’ouvrir à une nouvelle vision du monde, à nous adapter.

Bien qu’il y ait des moments parfois difficiles comme dans tous les métiers, il y a des très beaux côtés dans mon travail. Par exemple, un enfant qui parle peu et qui va interpeller son parent pour la première fois en disant maman ou papa ça peut être assez magique. Ou encore un enfant non verbal qui va réussir à se faire comprendre en pointant une image, ça peut être émouvant de voir ça et de partager ces moments avec les parents.

Merci, Zoé Laniesse, pour ta générosité et ta disponibilité! Merci aussi à Madame Rita Starnino de nous avoir mises en contact avec Madame Laniesse.

Le CCSMT recrute des orthophonistes.

Vous connaissez des gens passionnés comme Zoé?

N’hésitez pas à les référer!

Engageons-nous, ensemble, dans le recrutement!

[1] Dictionnaire Le Robert : https://dictionnaire.lerobert.com/

[2] Le Centre Hanen est une organisation canadienne à but non lucratif. Sa mission est de permettre aux parents et professionnels de transformer leurs interactions quotidiennes avec de jeunes enfants en opportunités pour développer leurs compétences sociales et langagières. Cela inclut les enfants qui sont à risque de présenter des difficultés langagières et les enfants qui ont un TSA.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sélection de la rédaction

Test de Patrick
Une Fierté plus d’actualité que jamais
Une limonade avec Victor Roberge
Des nouvelles d’Aissatou Ndoye
Le GMF-U de Verdun célèbre 50 ans d’histoire
Mon été au boulot : Et si on allait jouer dehors?
Ensemble, faisons vibrer la Fierté!
Une limonade avec Marie-Claire Goulet
La démarche innovante des autovisites qualité en CHSLD
Protégez vos appareils mobiles