À la descente du fourgon…

À la descente du fourgon…

9 septembre 2024
Temps de lecture : 6 minutes

Direction Approvisionnement et logistique

La sécurité des usagères et usagers est l’une de nos plus importantes priorités. Pour cela, la direction Approvisionnement et logistique (DAL) assure le transport sécuritaire de l’ensemble des personnes que nous hébergeons dans nos installations.

Des CHSLD, centres de réadaptation, centres jeunesse, foyers de groupes, aux hôpitaux, cliniques, institutions et tribunaux, les chauffeurs et chauffeuses de la DAL parcourent la ville, et parfois la province ou le pays, pour amener les usagers et usagères à bon port et en bonne santé.

Parmi ces usagers et usagères, des jeunes qui résident dans les centres jeunesse doivent régulièrement se rendre à la Chambre de la jeunesse de Montréal, avec l’aide de chauffeurs dédiés à leur sécurité. Ces derniers revêtent alors de multiples chapeaux, de chauffeur à agent d’intervention, et les accompagnent à chaque étape de leur parcours d’un jour, dans un lieu unique en Amérique du Nord : l’Escale.

Une bouffée d’air dans la tempête

Dans le bâtiment de la Chambre de la jeunesse de Montréal, l’Escale est un centre de jour où transitent les jeunes de la DPJ et les jeunes qui ont commis un délit, dont on a autorisé la détention et qui doivent comparaître au tribunal dans la journée.

Ces adolescent.e.s et jeunes adultes de 12 à 20 ans sont détenu.e.s en centre jeunesse ou de réadaptation ou amené.e.s sur place par la police après une arrestation, et font l’objet d’une mesure d’encadrement intensif.

Dans ce lieu dirigé de main d’experte par Valérie-Anne Caron, cheffe de service des transports, de la messagerie et de l’Escale à la DAL, tous et toutes ont la possibilité de vivre le mieux possible un moment particulièrement éprouvant, avec le soutien d’une équipe d’agents de transport sécuritaire et de plancher, et d’une éducatrice du Programme jeunesse.

Une structure unique en Amérique du Nord

Dans un va-et-vient d’arrivées et de départs et surtout d’imprévus, une équipe de répartition chevronnée orchestre toute la logistique des déplacements, mais aussi les tâches administratives pour le tribunal.

Au-delà de son mandat régional, l’Escale est bien plus qu’un centre de jour et un point de chute des transports sécuritaires. C’est une structure unique en Amérique du Nord, dans laquelle les jeunes n’ont pas l’obligation d’attendre leur comparution en cellule comme dans les autres installations fermées.

Bien au contraire, tout est mis en place pour leur offrir la journée la plus agréable possible, dans une salle commune où ils peuvent jouer, regarder des films, se confier et se déposer, à condition de ne mettre personne en danger.

Sur place, les jeunes peuvent également voir leurs parents et leur téléphoner avant et après leur comparution, et bien sûr s’entretenir avec leurs avocats et avocates, sous la supervision de l’équipe de Valérie-Anne.

Dès leur arrivée dans le centre, tout est organisé pour leur faire comprendre une chose : on est là pour les aider.

L’humanité dans les difficultés

Dès leur montée dans le fourgon, ou au garage si la police les amène, les jeunes sont placé.e.s sous la responsabilité de la DAL, et rien n’est laissé au hasard.

Deux agents d’intervention accompagnent chaque jeune en tout temps, dans les locaux de l’escale et pendant l’audience à la Cour.

Ici, tout le monde le sait, les jeunes qui transitent par l’Escale peuvent avoir vécu toutes sortes d’événements, et ont besoin d’un cadre sécuritaire et bienveillant.

Alors, malgré l’espace froid, les verrous et les procédures strictes, « la gang de Valérie-Anne » réussit à faire rayonner son humanité, pour épauler et rassurer.

Auprès de ces jeunes qui viennent de partout, parfois membres de gangs adverses, complices, co-détenu.e.s, l’équipe assure la sécurité de toutes les personnes présentes dans un climat parfois tendu. Malgré l’anxiété, le stress et le souci constant de ne mettre aucune vie en danger, les agents n’hésitent pas à faire parler les jeunes et prennent parfois les devants pour calmer leur anxiété. Discussion, conseils, repas partagé, moment de solitude pour souffler… À l’Escale, on compatit et surtout, on ne juge pas.

Avant son passage devant le juge, Olivier* jeune usager détenu à Cité des Prairies, se confie autour d’un repas :

« Ici je me sens bien, je fais un peu plus ce que je veux. Je peux jouer avec les gars ici, je peux regarder un film, je peux parler avec un intervenant… Ils sont chill, ils sont compréhensifs. Ça m’aide à me détendre, c’est mieux que rester dans une cellule sans parler, à juste penser à ce qui va se passer. »

Olivier a 16 ans, et traverse une période difficile. Quelle que soit l’issue de son jugement, son casier judiciaire sera effacé et il aura dans ses mains une foule d’occasions à saisir.

Pour Olivier et l’ensemble des jeunes qui passent entre les murs de l’Escale, la vie est souvent dure. Mais l’équipe de l’Escale est là pour leur rappeler que, même quand les nouvelles sont mauvaises, tout le monde a une chance de se reprendre.

*Le prénom a été changé.

À l’Escale, le transport sécuritaire au-delà des apparences

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