Direction des Services professionnels et affaires médicales universitaires
—
La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue un enjeu majeur pour la santé humaine et animale, mais également dans les secteurs de l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.
Cette résistance est complexe à expliquer, mais elle pourrait résulter de mutations ou d’acquisition de gènes de résistance à un ou plusieurs antibiotiques.
L’impact de la résistance aux antimicrobiens représente un enjeu considérable pour les usagers et usagères, mais aussi pour l’ensemble du système de la santé. Par exemple, les patients et patientes qui développent une résistance pourraient devoir recevoir des antibiotiques intraveineux à la place de comprimés, voir leur séjour à l’hôpital prolongé, avoir plus d’effets secondaires à leur traitement, etc. Ces événements toucheront donc d’emblée les ressources humaines, financières et matérielles de l’hôpital soignant.
Un comité pour une utilisation judicieuse des antimicrobiens
Au CCSMTL, le comité antibiogouvernance travaille en ce sens, c’est-à-dire à la promotion de l’utilisation judicieuse des antimicrobiens. Composé de membres des milieux médicaux, pharmacologiques, de l’infectiologie et autres, ce comité vise à guider et à réduire l’utilisation d’antibiotiques, et ce, toujours en fonction de la sécurité des usagers, usagères et clientèles.
Dans le cadre de la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens, nous nous sommes entretenues avec Dr. Samuel De L’étoile-Morel, membre actif du comité antibiogouvernance.
Q. Dr De L’étoile-Morel, pouvez-vous nous expliquer concrètement quel est votre rôle au sein de ce comité?
Je suis médecin microbiologiste-infectiologue au CCSMTL depuis trois ans et membre du comité d’antibiogouvernance depuis mon arrivée. J’ai la chance d’être coprésident du comité depuis environ 2 ans, avec Mme Elaine Huang, pharmacienne.
Mon rôle consiste à encadrer et optimiser l’usage des antimicrobiens, surtout les antibiotiques, au CCSMTL. Les antimicrobiens sont une ressource limitée et la mauvaise utilisation de ces derniers contribue à l’augmentation du phénomène de résistance antimicrobienne.
Pour le comité, je contribue à planifier diverses mesures, dont l’élaboration de guides de thérapie empirique pour diverses maladies infectieuses.
Q. Au sein du CCSMTL, qui devrait être sensibilisé.e au phénomène de la résistance aux antimicrobiens?
Tout le monde au CCSMTL devrait être sensibilisé à ce phénomène! De l’usager ou usagère au médecin, en passant par le personnel de soutien et les gestionnaires! La résistance aux antimicrobiens est déjà bien présente dans le monde et… même au CCSMTL. La conséquence directe de la résistance est que les infections deviennent plus difficiles à traiter et requièrent des traitements plus compliqués et souvent moins efficaces et plus difficiles à tolérer pour les patients. Les séjours dans les milieux de soins sont plus longs, plus dispendieux et le risque de mortalité augmente également.
Nous devrions toutes et tous avoir conscience du bon usage des antimicrobiens au quotidien en les utilisant de façon judicieuse.
Q. Pensez-vous que si chacun et chacune d’entre nous faisait un effort ou était sensibilisé.e à la cause, il serait possible d’améliorer la situation, du moins, au Québec?
Je crois que la sensibilisation de chacun et chacune pourrait améliorer la situation. La surutilisation des antimicrobiens est un problème complexe, mais tout le monde peut faire sa part. Si la situation ne change pas, on estime que la résistance antimicrobienne sera responsable d’un nombre croissant de décès pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions d’ici 2050.
Vous désirez en savoir davantage? Visitez cette page extranet.