Direction de la Protection de la jeunesse
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Si la criminologie est l’étude de la délinquance, les criminologues sont formé.e.s pour considérer le phénomène dans son ensemble.
Pour Valentine Rachel Geny et Margaux Coicaud, criminologues et agentes de ressources humaines au service d’évaluation/orientation de la DPJ, intervenir avec la lunette de la criminologie en protection de la jeunesse, c’est être outillée pour intervenir auprès des auteurs et autrices et des victimes:
« Ça nous permet de voir comment le système s’est bâti, puis on est en mesure d’évaluer l’impact sur le développement de l’enfant. »
Des histoires de succès
Adeptes de défis et de psychologie humaine, ces deux intervenantes ont le statut de personnes autorisées. Bien que ce statut particulier leur confère un rôle d’autorité et un droit d’enquête auprès des familles, elles prennent soin de créer une alliance thérapeutique pour que l’intervention réussisse.
« J’ai eu à intervenir dans une famille où il y avait eu une fusillade. Tous niaient les évènements et on a dû retirer les enfants. Le plus vieux allait avoir 18 ans, et nous devions agir vite. Il était directement impliqué dans des activités criminelles. Grâce à la confiance qui s’est créée après plusieurs mois, malgré la méfiance du milieu, nous avons eu les faits pour offrir un plan de protection et élargir les choix d’avenir de ce jeune. À la fin de l’intervention, il était retourné à l’école et s’était trouvé un emploi. »
Heureusement, les intervenantes ne sont pas seules pour porter le fardeau décisionnel. Les décisions se prennent conjointement avec les adjoints ou adjointes cliniques et les gestionnaires. De plus, les nouvelles recrues sont accompagnées par des mentors à leurs débuts.
Et les filles?
Martine Saint-Laurent, criminologue et APPR à la direction du Programme jeunesse, a longtemps travaillé auprès d’adolescentes, au centre de réadaptation Rose-Virginie-Pelletier. Elle a souvent été amenée à intervenir auprès de jeunes filles prises dans l’engrenage de la prostitution juvénile. Si elles commettent des délits, c’est très souvent un symptôme de leur victimisation au sein du gang.
« Quand on a une jeune qui se prostitue, on pourrait avoir le réflexe de tout couper. La vision de la criminologie favorise plutôt d’outiller ces jeunes pour faire face. Je me souviens d’une jeune qui se prostituait. Nous connaissions la situation, et on avait établi un code avec lequel elle pouvait nous appeler si elle était en danger pendant ses activités. Cette jeune-là a conservé un lien très précieux avec son éducatrice de suivi. Aujourd’hui, elle est sortie de système et est retournée aux études. »
À Montréal, en 2022 et 2023, 1328 adolescents et adolescentes ont reçu des services en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescent (LSJPA) et 6320 signalements ont été retenus pour évaluation en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse.
Merci aux criminologues du CCSMTL et à l’ensemble des intervenants et intervenantes de la DPJ qui réalisent cette précieuse mission auprès des jeunes en difficulté.
Un commentaire
Merci de contribuer à démystifier le travail de réadaptation auprès des jeunes contrevenants (sous LSJPA). On en a tellement besoin avec tout ce qui est véhiculé par les médias ces temps-ci ! J’espère que ces exemples pourront percoler pour un traitement médiatique plus en profondeur et plus juste à l’égard du travail des intervenants en jeunesse.