Dans les services en dépendance, des équipes en sécurité

Dans les services en dépendance, des équipes en sécurité

20 mai 2025
Temps de lecture : 5 minutes

Direction des programmes Santé mentale et dépendance

Au pavillon Prince Arthur du Centre de réadaptation en dépendance, les enjeux de violence et d’agressivité envers les équipes sont nombreux.

Face aux besoins en évolution d’une population plus vulnérable que jamais, les intervenantes et intervenants déploient des efforts considérables pour soutenir leurs usagers et usagères aux prises avec des dépendances. Au péril, parfois, de leur propre sécurité.

Dans cette situation inédite, Pamela Quezada Escobar, cheffe de service en réadaptation, Urgence dépendance et Service de gestion du sevrage avec hébergement, a remis les procédures d’intervention en cas de violence au goût du jour, et les a poussées plus loin encore.

Un code blanc vivant

Depuis plusieurs années, les équipes qui œuvrent en dépendance font face à une augmentation des situations de violence de la part de personnes de plus en plus vulnérables. Récemment, le suicide d’une membre de l’équipe de Pamela et l’attaque violente subie par une collègue a bouleversé les membres du personnel du centre de réadaptation de la rue Prince Arthur.

Les intervenants et intervenantes auprès de personnes qui vivent avec une dépendance sont infirmiers et infirmières, éducateurs et éducatrices ayant reçu une formation solide, qui ont l’habitude de travailler avec une clientèle à risque. En plus de la passion qui les anime, ces professionnel.le.s sont mieux outillée.e.s qui quiconque pour intervenir en cas d’incident. Pourtant, malgré l’offre d’excellentes formations et de procédures efficaces, le code blanc — demande d’aide immédiate dans une situation où une personne a un comportement d’agressivité qui présente un risque pour sa sécurité et celle des autres — n’était que très rarement activé au sein de l’installation.

«Le code blanc existait déjà, avec une procédure écrite. Sauf qu’entre lire une procédure et l’appliquer, il y a vraiment un monde.

On a donc décidé de faire appel à l’équipe Omega et à Aline Ferraz, pour déterminer les facteurs qui nuisent à l’application d’un code blanc. Pourquoi est-ce que des équipes en dépendance ne se sentent pas à l’aise à l’idée de déclencher un code blanc et se mettent en danger pour intervenir?»

En effet, par peur de déranger, par culpabilité en se pensant — à tort — responsables d’une situation d’agression, les intervenants et intervenantes des équipes de Pamela ne déclenchaient que très rarement un code blanc.

Sans l’intervention du groupe, les personnes face à ces situations pouvaient alors se retrouver isolées dans des situations à haut risque, entraînant bien souvent des séquelles psychologiques et, potentiellement, des blessures physiques.

Pamela confie «On a perdu beaucoup de monde dans les milieux internes à cause.de situation qui ont dégénéré. Des traumatismes se créent et ensuite, on catégorise les usagers et usagères en santé mentale et dépendance.

Ce sont des personnes très vulnérables, alors forcément, ça peut arriver. Pas tous les jours, mais quand ça arrive, c’est désastreux pour les personnes qui le vivent. C’est pour ça qu’il faut pouvoir bien se préparer. Il faut faire vivre le code blanc pour travailler en prévention, et non en réaction.»

Afin de leur permettre d’intervenir de manière structurée, Pamela a fait appel à une équipe du service Prévention, santé et sécurité au travail (PSST) de la direction des Ressources humaines, composée d’Aline Ferraz, préventionniste, et de formateurs et formatrices Omega.

Cette équipe multidisciplinaire a consulté l’ensemble des gestionnaires de l’installation, et mis sur pied un comité, des simulations et des séances de type lunch and learn, lors desquelles les membres des équipes ont pu s’exprimer et réfléchir.

Résultat : Une procédure clé en main et complète, adaptable à tous et toutes les gestionnaires, et à tous les services; une structure prête à être répliquée partout où des codes blancs peuvent être déclenchés pour garder le personnel en sécurité.

Et des équipes qui ont géré avec succès les situations survenues depuis la mise en place de l’initiative!

La sécurité en priorité

Pour Pamela, les intervenants et intervenantes qualifiées hésitent souvent à s’engager dans un service à volet psychiatrique ou émotionnel, en raison des situations d’agressivité qui peuvent y émerger.

Aujourd’hui, dans les services que coordonne Pamela, tout est prêt pour accueillir les usagers et usagères, et leur offrir les soins qu’ils et elles méritent, sans les stigmatiser, avec l’assurance de pouvoir intervenir en toutes situations, en toute sécurité.

Cette collaboration multidisciplinaire a normalisé l’appel à l’aide, et renforcé la solidarité. Les équipes de tous les étages sont maintenant prêtes à intervenir en cas de danger, pour garantir la sécurité de leurs collègues et des usagères et usagers.

Encadrées et protégées, toutes les personnes qui travaillent avec passion au service de personnes aux prises avec des enjeux de santé mentale ou de dépendance ont toutes les clés en main pour faire la différence, sans risquer leur intégrité physique. Car, comme le dit si justement Pamela, «Je viens travailler tous les jours parce que j’aime ce que fais. Mais c’est mon travail, et je ne vais mourir au travail.»

L’équipe PSST meilleure alliée de la sécurité des membres du personnel

Fière de cette collaboration fructueuse, l’équipe PSST témoigne:

«Les simulations Code blanc sont un projet novateur, puisqu’à notre connaissance, aucune autre équipe du CCSMTL n’avait encore tenté de structurer un processus de simulations en lien avec le code blanc.

La force de ce projet, c’est de structurer le processus de simulation. Il faut faire les choses par étapes pour s’assurer du bon déroulement des simulations et aussi pour que les suivis post-simulation puissent être constructifs et bienveillants.

Cette pratique a un impact direct dans la prévention des risques de violence ou d’agression au travail en consolidant auprès du personnel du CRDM les apprentissages post-formation du contenu théorique de la procédure Code blanc et en favorisant l’application des bonnes pratiques tout en veillant à ce que les employé.e.s prennent soin d’eux et elles-mêmes avant, pendant et après les simulations.

Mettre l’accent sur la prévention des risques d’accident au travail, en identifiant et en corrigeant les risques avant même qu’ils se surviennent, est une démarche gagnante qui vise à améliorer les pratiques de gestion, à assurer la sécurité de l’environnement de travail et la qualité de vie au travail du personnel.»

Pour consulter le projet «Simulations Code blanc» clé en main ou demander le soutien de l’équipe Prévention, santé et sécurité au travail, envoyez un courriel à preventionsst.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca

Merci, Pamela, pour ta sincérité et ton travail pour garder tes équipes en sécurité.

Merci aussi à l’équipe PSST, gardienne de notre santé au travail!

5 commentaires

  1. BRAVO! à Pamela et son équipe de s’être mobilisés pour prendre soin de leur sécurité et de s’offrir de bonnes conditions pour faire leurs interventions auprès d’une clientèle qui en a grandement besoin!

  2. Bravo Pamela et, un grand merci à toi et ton équipe formidable pour un service de haute gamme pour notre clientèle!

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