Direction des Communications et des affaires juridiques
Direction régionale de Santé publique de Montréal
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Chaque année, c’est la même histoire : la nature se réveille, et mon système immunitaire panique comme si une armée de pollen attaquait ma personne. J’imagine alors mes globules blancs en rencontre d’urgence:
— «Chef, on a repéré des particules de pollens dans l’air!»
— «MOBILISATION GÉNÉRALE! MUCUS EN POSITION! ÉTERNUEZ!»
Le pire pour moi, c’est de me sentir trahi par Mère Nature… Moi qui rêvais de pique-niques, de balades en forêt et de terrasses au soleil, je me retrouve à la maison, admiratif devant mon purificateur d’air, à surveiller les prévisions pollen avec l’attention d’un banquier devant les marchés boursiers.
Bon, j’exagère à peine. Comme on dit, mieux vaut en rire qu’en pleurer. Mais derrière les blagues (et les éternuements en rafale), les allergies saisonnières peuvent entraîner davantage de fatigue, d’anxiété et de troubles de l’humeur.
Alors que certaines personnes présentent des symptômes modérés, d’autres font face à des allergies saisonnières sévères qui se caractérisent par des symptômes intenses et persistants, souvent accompagnés de difficultés respiratoires, et d’une gêne importante dans leurs activités quotidiennes.
Afin de mieux comprendre les allergies saisonnières – qui touchent près d’une personne sur cinq au Québec selon les données 2020-2021 de l’Enquête québécoise sur la santé des populations (EQSP) -, nous nous sommes entretenus avec Anne-Sara Briand, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive.
Quels sont les principaux allergènes responsables des allergies saisonnières?
Les allergies saisonnières sont provoquées par différents types de pollens, selon les périodes de l’année. Les arbres au printemps, les graminées, comme le gazon et le foin, en été, puis l’herbe à poux à la fin de l’été. Cette dernière est d’ailleurs la principale responsable des réactions allergiques.
Comment réduire l’exposition aux allergènes au quotidien?
Adopter de bonnes habitudes, à la maison comme à l’extérieur, peut faire toute la différence. Garder les portes et fenêtres fermées, éviter de faire sécher les vêtements à l’extérieur et limiter l’exposition à d’autres irritants respiratoires, comme la fumée de tabac, sont des mesures efficaces. Il est aussi recommandé de consulter les prévisions de pollen et de restreindre ses activités extérieures lorsque les concentrations sont les plus élevées, souvent en début d’après-midi. Le port d’un masque ou de lunettes de soleil peut également offrir une protection supplémentaire. Enfin, prendre une douche et changer de vêtements au retour à la maison sont des gestes simples, mais bénéfiques.
Quelles sont les meilleures options pour soulager les symptômes?
Je pense notamment aux antihistaminiques, décongestionnants et corticostéroïdes et antileucotriènes. Ces médicaments, disponibles en vente libre ou sur ordonnance, peuvent être pris dès l’apparition des symptômes. Lorsqu’ils sont utilisés avant l’exposition aux pollens, ils permettent à certaines personnes de mieux maîtriser leurs symptômes. En complément, un traitement de désensibilisation administré par voie sous-cutanée ou sublinguale peut offrir un soulagement à plus long terme. Ce type de traitement, qui nécessite une prise régulière sur plusieurs années, n’est toutefois pas efficace contre tous les types de pollens. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien pour déterminer l’option la mieux adaptée à votre situation.
Est-ce que les allergies saisonnières peuvent s’estomper ou s’aggraver avec le temps?
Oui, les allergies saisonnières peuvent s’aggraver ou s’estomper avec le temps. On peut les développer à tout âge, même à l’âge adulte, et certains les voient disparaître ou s’atténuer avec les années, souvent parce que la réponse immunitaire diminue avec l’âge. Ce sont des mécanismes encore partiellement mystérieux, probablement influencés à la fois par des facteurs génétiques et environnementaux.
Les changements climatiques ont-ils un impact sur la durée ou l’intensité des allergies saisonnières?
En effet, les changements climatiques aggravent la situation des allergies saisonnières. La hausse des températures prolonge la saison pollinique et élargit la répartition géographique des pollens, tandis que l’augmentation du CO₂ intensifie leur production et renforce leur pouvoir allergène. À Montréal, des données récentes indiquent que la saison des pollens a augmenté de 62 % entre 1994 et 2002, et que leur concentration dans l’air a presque doublé entre 1997 et 2002. Malheureusement, ces tendances devraient se poursuivre et toucher un nombre croissant de personnes.
Quand faut-il consulter un.e médecin ou un.e allergologue?
Si les symptômes allergiques persistent ou s’aggravent malgré les mesures préventives et la prise de médicaments, ou s’ils ont un impact important sur le sommeil et la qualité de vie.
2 commentaires
Ça mouche et ça éternue, mais nous n’avons plus de poubelle pour jeter nos mouchoirs…
Bonjour, merci pour votre message.
En effet, pour favoriser un tri responsable des matières recyclables, des matières organiques et des documents confidentiels et améliorer la gestion antiparasitaire en réduisant les aliments dans les bureaux, les poubelles individuelles ont été progressivement retirées.
Cependant, vous pouvez jeter vos mouchoirs dans les poubelles des zones communes telles que les cuisinettes, aires communes de travail, etc.
Plus d’informations ici : https://www.extranetccsmtl.ca/index.php?id=26403
Passez un bel été (sans allergies!)